Auteur: Jérémy Wajcman

Kinésiologue

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2018-05-01-newsletter

Effet de l’activité physique sur la santé mentale

Article écrit en collaboration avec : Marie-Ève Gagné-Boisvert, stagiaire en kinésiologie au Gym du Plateau.

 

Vous ressentez du stress, de la fatigue, un manque d’énergie ? vous n’êtes pas seul !

La dépression est un trouble de la santé mentale commun qui touche 20% des Canadiens, au moins une fois dans leur vie. Les troubles communs de santé mentale (dépression, troubles anxieux, trouble d’adaptation, stress post-traumatique, etc.) comptent parmi « les plus importantes causes d’absentéisme au travail, dépassant désormais les journées perdues pour des raisons de maladies physiques [1] » . Les symptômes perçus sont généralement l’isolement, des douleurs physiques, des troubles de concentration, une diminution d’énergie, des troubles du sommeil, un horaire occupationnel dysfonctionnel et un déconditionnement physique. Heureusement, l’activité physique permet de retrouver de saines habitudes de vie et de diminuer, voire éliminer, les symptômes des troubles de santé mentale, surtout lorsqu’effectué en parallèle à une thérapie.

L’effet hormonal de l’exercice

Les troubles mentaux communs peuvent être causés par de nombreux évènements stressants amenant une cascade de déséquilibres hormonaux. Entre, autres, il est possible d’observer chez certaines personnes souffrant de dépression un déficit des neurotransmetteurs qui favorisent le bien-être (sérotonine, noradrénaline, dopamine) et une libération accrue du cortisol (reliée au stress).

« La pratique régulière de l’activité physique augmente la sécrétion naturelle de sérotonine[2] » (hormone responsable du bien-être) et diminue la sécrétion du cortisol (hormone du stress). C’est pourquoi l’activité physique a des effets antidépresseurs. En autre, l’effet tranquillisant de l’exercice diminue l’excrétion de cortisol qui s’accompagne d’un soulagement de l’état psychologique et physique. L’exercice physique régulier permet donc «d’améliorer l’humeur et certaines capacités fonctionnelles des gens dépressifs puisqu’il a un effet positif sur le contrôle des hormones et neurotransmetteurs affectés par la dépression[3] ». De plus, l’exercice est avantageux à long terme puisqu’il « permet de réduire les risques de rechutes et le besoin d’aides externes[4] ». Les professionnels de la santé s’entendent pour dire que « l’exercice est essentiel pour la santé et donc pour l’équilibre mental. Plusieurs des changements métaboliques induits par l’exercice améliorent le fonctionnement du cerveau [5]». Par exemple, lors de l’activité physique, des endorphines sont libérées, ce qui contribue au sentiment de bien-être.

LES BIENFAITS DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

Il est connu que l’activité physique permet de diminuer les fréquences cardiaques de repos, d’augmenter la capacité pulmonaire et d’améliorer la capacité cardiorespiratoire. Comme mentionnée précédemment, vivre avec un trouble de santé mentale peut conduire à l’isolement et rendre apathique. En restant chez soi à se reposer et en évitant les activités physiques ou sociales, on enclenche rapidement un processus de déconditionnement qui entraînera une baisse d’énergie et de motivation. La réactivation graduelle permet de briser ce cercle vicieux augmentant les capacités physiques, diminuant les fréquences cardiaques de repos, apaisant ainsi le corps et diminuant le stress. Les exercices cardiovasculaires aident à mieux gérer l’anxiété et les émotions.

Recommandations et conseils

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande aux adultes de 18 à 65 ans de pratiquer au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine afin de prévenir les maladies non transmissibles, dont la dépression [6] . Il est suggéré de progresser graduellement votre niveau d’activité physique jusqu’à ces recommandations si possible tout en respectant vos capacités. Tout ceci afin de ressentir les bienfaits de l’entrainement et de minimiser le risque d’abandon. Sous l’approbation de votre médecin, vous pouvez par exemple faire du yoga, de la natation, du vélo, des sports d’équipe ou simplement de la marche rapide tant que votre fréquence cardiaque augmente légèrement.

Si vous désirez des recommandations ou des conseils personnalisés, veuillez consulter un professionnel de la santé. Il sera en mesure d’élaborer un programme d’exercices personnalisé visant à augmenter graduellement l’intensité afin de vous aider à récupérer ou à conserver de saines habitudes de vie (sommeil, alimentation, activité physique) tout en augmentant votre niveau d’énergie.

 

Bon entraînement !

 

Références

KIRBY, M. J., et W. J. KEON (2006). De l’ombre à la lumière. La transformation des services concernant la santé mentale, la maladie mentale et la toxicomanie au Canada, rapport Kirby, Ottawa, Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie, 312 p.

Chanudda Nabkasorn, et al. (2005) Effects of physical exercise on depression, neuroendocrine stress hormones and physiological fitness in adolescent females with depressive symptoms. European Journal of Public Health, Vol. 16, No. 2, 179–184

Institut universitaire en santé mentale. 2008-2013. Dépression. Centre de recherche Fernand-Séguin de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine

Michael Babyak, MD  et al. (2000) Exercise Treatment for Major Depression: Maintenance of Therapeutic Benefit at 10 Months. Psychosomatic Medicine 62:6333-638

  1. Young « How to increase serotonin in the human brain without drugs » Revue de psychiatrie et de neuroscience, Université McGill.

Organisation mondiale de la santé. (2010) Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice et la santé. 60 p.