La lombalgie : Partie 2

Que faut-il faire ?

Maintenant que vous êtes un peu plus informé de l’anatomie et des principales pathologies qui peuvent engendrer une lombalgie (lire la partie 1), discutons maintenant du traitement, du pronostic et de certains mythes et réalités entourant la lombalgie.

Comme vous avez pu le constater, le bas de dos est une région assez complexe et plusieurs pathologies peuvent y occasionner de la douleur. Pour avoir un traitement adéquat et adapté à votre condition, il sera donc primordial d’être évalué par un physiothérapeute qualifié. En effet, le physiothérapeute procédera à une évaluation détaillée tant au niveau de l’historique de vos douleurs qu’au niveau physique. À travers cette évaluation, il pourra cibler les éléments plus problématiques, par exemple, une perte de mobilité articulaire, une perte de mobilité des nerfs, des tensions musculaires, une faiblesse musculaire, etc. Le tout afin de bien orienter son plan de traitement, puisqu’il n’y a pas de « recette magique » dans le traitement des lombalgies. Suite à cela, il pourra vous remettre certains exercices ciblés à faire à la maison, vous éduquer sur votre pathologie, sur son pronostic et sur les autres conseils d’usage (par exemple, ce que vous pouvez faire et ce que vous devez éviter de faire). Finalement, le physiothérapeute pourra utiliser diverses modalités de traitements pour vous aider dans votre réadaptation. Notamment, il pourra utiliser des techniques de thérapie manuelle afin de redonner de la mobilité à vos articulations problématiques, à vos nerfs ou pour relâcher votre musculature.

Conseil pratique à la maison :Rouleau lombaire_PhysioExtra

L’utilisation d’un rouleau lombaire en position assise peut être très bénéfique, puisqu’il supporte et maintient la courbure naturelle de votre colonne lombaire. Nul besoin de s’acheter un rouleau dispendieux. Il suffit simplement de rouler une serviette à une grosseur confortable pour vous et de l’installer un peu en haut de votre ceinture lorsque vous êtes assis.

En rafale, voici certains éléments clés en lien avec la prise en charge des lombalgies :

tens_PhysioExtraLes études scientifiques ne semblent pas soutenir l’utilisation de l’électrothérapie (TENS : comme sur la photo, ultrasons, etc.) pour les cas de douleur lombaire (sauf dans certains cas où la douleur peut être très intense). Les évidences scientifiques supportent plutôt l’activation du patient combinée à de la thérapie manuelle. Dans le même ordre d’idées, les exercices semblent être plus efficaces qu’un simple traitement passif (le type, l’intensité et la fréquence des exercices sont à déterminer individuellement).

Suite à une douleur récente et intense, le repos au lit n’est pas suggéré. S’il est impératif pour la personne en douleur de se reposer au lit, ce repos doit être limité à 24-48 heures, puisque le retour à un fonctionnement normal peut être plus difficile si cette règle n’est pas respectée.

Il est suggéré de retourner au travail assez tôt. Plus on attend, plus il sera difficile d’effectuer un retour. Il est démontré qu’un travailleur qui ne retourne pas à son travail dans les 4 à 12 premières semaines diminue ses chances de retourner au travail.

La glace et la chaleur appliquée pour une durée de 15-20 minutes peuvent procurer un soulagement temporaire de la douleur.

La très grande majorité des gens présentant une lombalgie n’auront pas besoin de chirurgie. La chirurgie est généralement réservée aux cas présentant des complications ou des symptômes très incapacitants.

Qu’en est-il de l’imagerie médicale et des pathologies lombaires ?imagerie médicale_PhysioExtra

De façon générale, il n’est pas nécessaire de passer une résonance magnétique d’emblée. En effet, la majorité des problèmes lombaires répondent bien à une méthode de traitement plutôt conservatrice (thérapie manuelle, médication, etc). Par contre, il peut être pertinent d’envisager une résonance magnétique si des symptômes significatifs persistent après plus de 6 semaines de traitement ou s’il y a des symptômes assez précis (ex : douleur lombaire avec incontinence fécale). Ces symptômes plus alarmants demeurent toutefois assez rares.

*L’anomalie qui peut être trouvée sur votre IRM n’est pas nécessairement la cause de vos douleurs. En effet, une forte majorité de gens qui n’ont jamais eu de lombalgie vont présenter des atteintes sur leur rapport d’IRM, telles qu’une hernie lombaire ou de la dégénérescence discale.

En somme, si vous présentez une douleur lombaire qui persiste, il est essentiel de consulter un physiothérapeute qualifié qui pourra vous évaluer, vous éduquer et vous traiter. Aussi, pour faciliter votre récupération, il est important de comprendre qu’il faut tenter de rester actif selon tolérance. Les traitements passifs et le repos sont à utiliser avec une très grande parcimonie.

Références

Brinjikji W, Luetmer PH, Comstock B, et al. Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations. AJNR American journal of neuroradiology. 2015;36(4):811-816. doi:10.3174/ajnr.A4173.

Chou R, Qaseem A, Snow V, Casey D, Cross JT, Shekelle P, et al. Diagnosis and Treatment of Low Back Pain: A Joint Clinical Practice Guideline from the American College of Physicians and the American Pain Society. Ann Intern Med. 2007;147:478-491. doi: 10.7326/0003-4819-147-7-200710020-00006

Delitto A, George SZ, Van Dillen L, et al. Low Back Pain: Clinical Practice Guidelines Linked to the International Classification of Functioning, Disability, and Health from the Orthopaedic Section of the American Physical Therapy Association. The Journal of orthopaedic and sports physical therapy. 2012;42(4):A1-57. doi:10.2519/jospt.2012.42.4.A1.


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