Auteur: Lara Serapian

Ergothérapeute

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2017-12-04-newsletter

Pour un temps des Fêtes joyeux plutôt qu’anxieux

Le mythe et la fantaisie (de notre société de consommation) veulent nous convaincre d’un monde parfait où on achète de beaux cadeaux, où l’on mange ensemble autour d’une grande table couverte d’un succulent repas, dans le bonheur, les rires et l’abondance… C’est peut-être votre réalité aujourd’hui. Cependant, pour une partie importante de la population, cette réalité est tout autre. L’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) indique d’ailleurs que : « Quoique l’anxiété, la dépression et la solitude puissent survenir à tout moment durant l’année, le stress des fêtes peut amplifier ces sentiments. »

« Oui, mais ça ne m’arrivera pas à moi. » Détrompez-vous, personne n’est réellement à l’abri. Ça arrive à monsieur et madame tout le monde quand ils s’y attendent le moins : un homme « normal », seul depuis que sa famille s’est éloignée de lui, souffrant de dépression et qui anticipe un temps des Fêtes extrêmement pénible ; une femme avec un revenu réduit de moitié suite à un arrêt de travail causé par une blessure à la cheville à son domicile voit son budget « cadeaux » et « repas succulents » subir un coup ; une mère qui a le cœur gros, car elle n’a pu offrir LE cadeau à la mode à son adolescente…

Alors, que pouvons-nous faire pour vivre une période des Fêtes joyeuse plutôt qu’anxieuse ? Inutile de faire une liste de 10 conseils à suivre. Nous vous invitons plutôt à faire un seul exercice essentiel et difficile.

En réfléchissant sur vos valeurs, que représente pour vous cette période des Fêtes ?
  • N’est-ce pas un temps symbolique de l’année pour revenir à ce qui est vraiment important et non à ce que la société nous dicte ?
  • Est-ce que vous vous arrêtez pour vous demander « Pourquoi je fais ce que je fais ? » ou êtes-vous en mode « automatique » ?
  • Pour qui le faites-vous vraiment ?
Quelles sont les valeurs que je veux véhiculer à mes enfants ?

Par conséquent, que faire, par exemple, si vous êtes cet homme délaissé par sa famille contre votre gré ? Au-delà de la tristesse de l’épreuve, peut-être est-il temps de vous concentrer sur ce que vous POUVEZ faire, comme de tendre la main à ceux qui vous considèrent réellement, à ceux qui partagent des valeurs communes avec vous ?

Et que faire si vous vivez un stress financier ? Selon un sondage CROP — Universitas, 40 % des parents s’endetteront pour offrir un cadeau à leurs enfants[1]. Les dépenses associées à la période des Fêtes préoccupent près de 80 % des parents québécois. Un autre sondage sur les comportements d’achat sur les Fêtes[2] révèle que « plus de 64 % des répondants estiment que leur situation financière personnelle n’influencera pas leur décision et donneront des cadeaux durant la période des Fêtes. »

Quoi ? Normal de vous gratter la tête en lisant cela ! Les cadeaux pour lesquels vous vous endettez reflètent-ils vos valeurs ? Si le stress de travailler plus pour payer la dette du dernier téléphone intelligent vous rend irritable et moins disponible pour votre conjoint ou conjointe, est-ce que ce cadeau est réellement plus précieux que le temps, l’attention et l’amour investis à confectionner un carnet de coupons de « câlins gratuits », de « déjeuner au lit » et de « massage » ?

Gary Chapman, auteur du livre « Les 5 langages de l’Amour »[3], nous explique que les cadeaux ne sont qu’une manière d’exprimer ou de recevoir l’amour. Êtes-vous curieux de connaître les autres langages ? Comme cadeau de Fêtes, je partage cette recette avec vous :

  1. une pincée de mots d’encouragement et de reconnaissance (« tu es le meilleur, chéri ! »)
  2. un soupçon d’actes de service (« chérie, je ferai toute ta vaisselle pendant un mois ! »)
  3. une cuillerée à soupe de câlins affectueux (l’importance du toucher)
  4. un demi-litre de temps de qualité (« J’ai du temps pour jouer avec vous, les enfants ! »)

La prochaine fois que vous vous sentez stressé ou seul durant la période des Fêtes, arrêtez-vous, prenez une profonde respiration, recentrez-vous et posez-vous la question : qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ?

Le choix VOUS revient !

Joyeuses Fêtes !

 

[1] Complété en ligne par le biais d’un panel Web, du 12 au 17 octobre 2016, auprès de 1 000 Québécois.

[2] Le Conseil québécois du commerce de détail : http://www.cqcd.org/fr/communications/quoi-de-neuf/item/58/.

[3] https://www.garychapman.fr/livres


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