L’histoire, la formation et l’approche en ostéopathie

L’histoire de l’ostéopathie

Le père fondateur de l’ostéopathie, A.T. Still (1828-1917) a développé l’ostéopathie à Kirksville dans l’état du Missouri, USA en 1874. Issu d’une famille de 3 frères et d’un père méthodiste, les racines religieuses et philosophiques furent très importantes dans le développement de l’ostéopathie. Selon Still, le corps humain possède la force vitale et, de ce fait, la capacité d’autodéfense, d’autorégulation et d’autoguérison.

Still était un autodidacte dans le domaine de la médecine. Il avait suivi une formation médicale « classique » pendant quelques mois, mais il n’y adhérait pas et avait abandonné. Il trouvait qu’à l’époque les remèdes tuaient plus de gens qu’ils n’en sauvaient. Ce qui l’intéressait surtout était l’anatomie humaine. Il basa sa science sur deux écoles de thérapie à l’époque : les rebouteux et les guérisseurs. Il pouvait varier sa pratique soit en travaillant comme un guérisseur, il écoutait alors les tissus pour mieux diriger le fluide vers les profondeurs du corps, soit comme rebouteux, il mobilisait alors chaque articulation avec une précision pleine de vigueur. Et ceci tout en prescrivant de moins en moins de médicaments. Selon Still, les manipulations structurelles du rebouteux et fonctionnelles du guérisseur sont adéquates pour soulager le corps, si elles sont en accord avec la loi de l’équilibre. Ces deux chemins représentent l’ostéopathie bonne et pure.

C’est le Dr John Martin Littlejohn, un patient et un des premiers élèves de Still, qui par sa solide formation académique en médecine créa la scission entre ces deux approches. C’est à son retour en Angleterre, que Littlejohn développa son approche purement mécanique dont le traitement ostéopathique général. Il créa la British School of Osteopathy à Londres en 1917, la pierre angulaire de l’ostéopathie structurelle et également plus scientifique.

Pendant ce temps, un des élèves de Still, qui est resté aux États-Unis, Sutherland, développa  le concept d’ostéopathie crâniale. Plusieurs élèves de Littlejohn et de Sutherland quittèrent les États-Unis pour s’installer en Europe et en Océanie. Certains dont Werham et Fryette développèrent davantage l’ostéopathie structurelle tandis que d’autres comme Hoover, Jones, Magoon approfondirent la sphère plus fonctionnelle de l’ostéopathie.

La formation en ostéopathie

Dans les années 1980 les premiers collèges d’ostéopathie firent leur apparition au Québec. Depuis, une série de collège émergea. À Montréal seulement, il en existe maintenant plus d’une dizaine. Ils se distinguent par la qualité de leur enseignement et leur rigueur académique.  Certains collèges ont une formation plus structurelle, d’autres plus fonctionnelles. Cependant, une bonne formation en ostéopathie se doit d’offrir minimalement :

Deux milles heures de formations, réparties sur 4 à 5 années à temps plein,  pour se conformer aux exigences de l’Organisation mondiale de la Santé.

Cliquez ici pour voir un exemple d’une formation complète répondant aux exigences actuelles.

Au Québec, il n’existe pas encore de réglementation concernant les pratiques ostéopathiques. Toutefois, l’article 14 du règlement du Collège des Médecins du Québec (CMQ) reconnait le diplôme de DO (doctor of osteopathic medecine) décerné dans une université américaine1. Mais un regroupement d’ostéopathes, médecins, physiothérapeutes, et kinésithérapeutes français ont monté un comité expert afin de proposer une loi au gouvernement du Québec via l’Office des professions pour obtenir le droit de pratiquer seulement les techniques d’ostéopathie manuelles2. Plusieurs institutions regroupent les ostéopathes afin de garantir un sérieux et une sécurité pour les patients3.

La dysfonction ostéopathique et son approche

L’ostéopathie est une méthode thérapeutique à visée préventive et curative, elle se base sur l’idée selon laquelle toute perte de mobilité des tissus, les uns par rapport aux autres, peut apparaître au niveau des muscles, des tendons, des viscères, du crâne ou des enveloppes (fascia) et induire des dysfonctionnements.

La dysfonction ostéopathique se manifeste cliniquement comme une modification palpable et pathologique de la qualité tissulaire. On retrouve donc une augmentation de la sensibilité, une asymétrie et une limitation de la mobilité lors de dysfonctions.

De plus, il est bon de noter que tous les tissus reçoivent de l’information provenant de l’activité des systèmes : neurologique, vasculaire, endocrinien et immunitaire. Le but du diagnostic en ostéopathie est donc de mettre en relation la dysfonction ostéopathique trouvée avec les aspects physique, émotionnel, mental, intellectuel et spirituel du patient dans sa globalité. C’est ce qui différencie les ostéopathes des autres professionnels de la santé.

Voici des exemples de pathologies pouvant être traitées  par l’approche ostéopathique :

  • le système locomoteur : certains rhumatismes, lombalgies, entorses, torticolis, etc.
  • le système viscéral : certaines constipations, diarrhées, ballonnements, syndrome du côlon irritable, etc.
  • le système « crânien » : certaines céphalées, otites chroniques, vertiges, bourdonnements, sinusites chroniques, coliques du nourrisson, etc.
Liens intéressants

http://www.cmq.org

http://www.opq.gouv.qc.ca

http://www.college-osteopathes.org