APTA 2026 : avancées en physiothérapie et réadaptation

APTA 2026 : avancées en physiothérapie et réadaptation

Denis Pelletier, Fellow physiothérapeute, a eu la chance d’être sur place lors du congrès de l’APTA 2026, entouré de milliers de collègues passionnés par la physiothérapie et la réadaptation. Pendant quelques jours, il a plongé dans les plus récentes données scientifiques et innovations cliniques. Voici ce qu’il en retient et ce que cela signifie concrètement.

Une profession en pleine évolution

Chaque année, le congrès de l’American Physical Therapy Association (APTA) rassemble des experts en physiothérapie et en réadaptation venus du monde entier. Sur place, j’ai pu constater à quel point notre profession évolue rapidement sur plusieurs volets : performance sportive, prothèses articulaires, commotion cérébrale et intelligence artificielle en santé.

Au-delà des tendances, je me suis posé une question essentielle : qu’est-ce que ces avancées changent réellement pour nos patients ? Voici quatre éléments marquants.

Denis Pelletier à l'APTA 2026
Denis Pelletier, Fellow physiothérapeute, M.Sc. à APTA 2026

1. Blessures au coude chez les lanceurs

L'opération Tommy John

En 2023, il y a eu plus d'opérations Tommy John chez les lanceurs professionnels que durant toute la décennie des années 1990.

C’est une chirurgie qui consiste à réparer le ligament collatéral ulnaire du coude déchiré. C'est ce ligament qui stabilise l’articulation lors des mouvements de lancer. Cette blessure est particulièrement fréquente chez les lanceurs au baseball, mais peut aussi toucher les joueurs de tennis, les quarterbacks au football ou toute personne effectuant des mouvements répétitifs au-dessus de la tête.

Tommy John est un lanceur professionnel de baseball qui, en 1975, a été le premier athlète célèbre à subir une chirurgie reconstructive de ce ligament. Depuis, cette opération est communément appelée l'opération Tommy John.

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Un changement de trajectoire

Dans le sport de haut niveau, la vitesse et la rotation (« spin ») des lancers continuent d’augmenter. Les données présentées au congrès démontrent une corrélation claire : plus la balle est lancée à grande vitesse et plus la balle à un forte rotation, plus le risque de blessure au coude augmente.

Un élément biomécanique intéressant ressort également. Les lanceurs dont le bras adopte une trajectoire plus verticale semblent moins à risque que ceux lançant davantage à l’horizontale.

Pourquoi c’est important ? Parce que ces données permettent d’agir en amont :

  • Analyse précise du geste sportif
  • Programmes de prévention personnalisés
  • Réadaptation adaptée aux contraintes biomécaniques réelles

Pour les athlètes, amateurs comme professionnels, cela signifie une physiothérapie sportive plus ciblée et plus efficace, axée sur la performance durable.

Est-ce que cette avancée dans la recherche permettra de voir une diminution des blessures et opérations Tommy John chez les lanceurs? C'est encore à voir, mais c'est encourageant.

Source : HA-23813 The evolution of Tommy John surgery: A brace centric surgical approach with considerations for rehabilitation (CSM APTA Anaheim 2026) 

En compagnie de Michael Wong, PT, DPT à la suite de sa présentation sur les blessures à l’épaule chez les lanceurs.

2. Prothèse totale de l’épaule

Qu’il s’agisse d’une prothèse anatomique ou inversée, la réadaptation après prothèse totale de l’épaule évolue vers une approche plus progressive.

Ce que recommande la recherche :

  • Immobilisation de 3 à 6 semaines
  • Mobilité contrôlée en évitant initialement la rotation externe
  • Renforcement introduit plus tardivement (souvent après 8 semaines)

Cette approche repose sur une meilleure compréhension des contraintes mécaniques et biologiques entourant l’implant.

Les résultats observés :

  • Impact favorable pour le confort et la sécurité des patients
  • Diminution du risque de complications
  • Meilleure protection des tissus en guérison
  • Progression adaptée et sécuritaire

En réadaptation, la patience stratégique peut parfois garantir les résultats à long terme.

Source : OR-23840 Enhancing the value of PT in the management of glenohumeral osteoarthritis: evidence, controversies and innovation (CSM APTA Anaheim 2026) 

3. Commotion cérébrale

La conférence la plus marquante portait sur la neuroplasticité négative après une commotion cérébrale.

Une blessure au cerveau peut déclencher une cascade complexe : altération des circuits neuronaux, troubles de l’équilibre, hypersensibilité, fatigue cognitive, diminution des capacités fonctionnelles.

La bonne nouvelle ? Ce processus est réversible.

Mais il exige :

  • Une évaluation approfondie en physiothérapie neurologique
  • Une approche multimodale
  • Une grande assiduité dans la réadaptation

Cette avancée confirme que la prise en charge des commotions cérébrales doit être individualisée et structurée, en adressant toutes les dimensions du système nerveux.

Source : NE-24102 Negative neuroplasticity: Unravelling the connection between maladaptive strategies, cortical reorganization and persistent symptoms post concussion (CSM APTA Anaheim 2026) 

4. Intelligence artificielle

Sans surprise, l’intelligence artificielle en santé était au cœur des discussions. Accès rapide à la littérature scientifique, outils d’aide à la décision clinique, optimisation de la documentation : les possibilités sont vastes.

Deux enjeux majeurs ont été soulevés :

  • La maîtrise réelle des outils
  • Les considérations éthiques et la protection des données

À mes yeux, l’IA peut soutenir notre pratique, mais elle ne remplacera jamais le jugement clinique ni la relation thérapeutique. J’ai aussi noté un regain d’intérêt pour certaines modalités physiques, comme le laser thérapeutique, dont les indications deviennent plus précises.

Source : LI-23970 Artificially intelligent: AI and data is raise the floor on clinical practice in learning health system (CSM APTA Anaheim 2026) 

Mon regard de clinicien

Ce qui m’a le plus marqué à l’APTA 2026, c’est la nécessité d’avoir un bagage d’outils diversifié et une pensée critique solide. La technologie progresse rapidement, mais elle ne simplifie pas toujours la pratique.

Que ce soit en réadaptation neurologique, en prise en charge post-chirurgicale ou en physiothérapie sportive, le défi n’est pas d’adopter toutes les nouveautés, mais de sélectionner celles qui apportent un bénéfice réel, mesurable et sécuritaire pour le patient.

Innover pour mieux accompagner votre réadaptation

Les avancées présentées au congrès confirment que la physiothérapie moderne évolue rapidement. Chez PhysioExtra, notre engagement est clair : intégrer les innovations pertinentes, continuer à se former et appliquer ces nouvelles connaissances avec rigueur et humanité.

Au cœur de chaque protocole et de chaque technologie, il y a une personne qui souhaite retrouver ses capacités, sa confiance et sa qualité de vie.

À propos de l’auteur

Denis Pelletier
Physiothérapeute
Denis est Fellow physiothérapeute diplômé de l'Université d'Ottawa et membre de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec depuis 1991. Il est disponible en clinique et en téléréadaptation à distance. CHAMPS DE PRATIQUE Accidents du travail CNESST Accidents de la route SAAQ Blessures musculosquelettiques (tendinite, bursite, capsulite, entorse, etc.) Physiothérapie manuelle orthopédique (thérapie manuelle) Physiothérapie sportive, blessures sportives Thérapie par ondes de choc radiales (Shockwave) Arthrite, arthrose Prothèse (hanche, genou, etc.) Soins pré et post-opératoires Perte d'autonomie FORMATIONS CONTINUES Maitrise…
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