Arthrite ou arthrose : comprendre la différence

Arthrite ou arthrose : comprendre la différence

Douleurs articulaires, raideurs, inconfort au mouvement… Ces symptômes évoquent souvent deux diagnostics que l’on confond facilement : l’arthrite et l’arthrose. Bien qu’ils partagent certains signes communs, ils ne désignent pas la même réalité. Mieux comprendre leurs différences permet de mieux reconnaître ses symptômes et d’adopter les bonnes stratégies pour préserver sa qualité de vie.

Définir les termes

Avant de comparer ces deux conditions, il est important de bien définir les termes.

L’arthrite est un terme qui regroupe plus de 100 maladies caractérisées par l’inflammation des articulations et parfois d’autres parties du corps. Les racines du mot proviennent de « arthro », qui signifie articulation, et « itis », qui signifie inflammation.

L’arthrose constitue l’une des maladies de cette grande catégorie qu’est l’arthrite. Il s’agit de la forme la plus fréquente.

L’arthrose

L’arthrose correspond à la dégradation progressive du cartilage articulaire et de l’os sous-jacent. Normalement, notre corps se régénère en réparant les microdommages causés quotidiennement à nos tissus par les activités normales. L’arthrose s’installe lorsque cette capacité de réparation devient insuffisante pour compenser l’usure.

Il s’agit donc d’un déséquilibre entre l’usure et la réparation, menant progressivement à la dégradation du cartilage et de l’os. Cette dégradation peut entraîner de la douleur, de la raideur et parfois de l’inflammation.

Certains facteurs peuvent accélérer cette dégénérescence, même lors d’activités ordinaires, notamment :

  • Une forme d’articulation inhabituelle, comme le genu varum
  • Une blessure articulaire antérieure, comme une fracture ou des entorses
  • Le poids corporel, qui influence la charge mécanique exercée sur les articulations

On retrouve des signes d’arthrose au genou chez environ 70 % des personnes de 70 ans. Toutefois, une majorité d’entre elles ne ressentent aucune douleur, ce qui démontre qu’il est possible d’avoir de l’arthrose visible à l’imagerie sans symptômes.

Les degrés d’arthrose

  • Suspicion : changements dégénératifs mineurs, généralement sans douleur
  • Léger : apparition d’ostéophytes et début d’usure du cartilage
  • Modéré : fissuration du cartilage
  • Sévère : perte de cartilage, contact os à os

L’arthrite inflammatoire

Les formes d’arthrite inflammatoire sont, pour la plupart, des maladies auto-immunes. Le système immunitaire attaque alors les tissus sains de l’articulation plutôt qu’un envahisseur externe.

L’inflammation survient généralement sous forme de poussées et entraîne des lésions plus rapides que l’arthrose, puisque l’articulation elle-même est ciblée. Parmi les formes les plus courantes, on retrouve :

  • L’arthrite juvénile
  • La polyarthrite rhumatoïde
  • La spondylarthrite ankylosante
  • L’arthrite psoriasique
  • La goutte

En raison de la confusion entourant l’usage du terme arthrose, le mot arthropathie a été proposé pour désigner un regroupement de maladies causant douleur, raideur et parfois gonflement articulaire.

Tableau comparatif arthrose vs arthrite

Prise en charge et traitements

Lorsque la nature des symptômes est incertaine, un examen clinique, de l’imagerie ou des analyses sanguines permettent de confirmer ou non la présence d’une arthrite inflammatoire.

La prise en charge des arthrites inflammatoires repose généralement sur la médication, l’adoption de saines habitudes de vie, des stratégies de gestion de la douleur et le maintien de l’activité physique entre les périodes de crise.

En ce qui concerne l’arthrose, bien que les lésions ne soient pas réversibles, plusieurs stratégies peuvent améliorer les symptômes et ralentir la progression :

Lors des périodes de crise, une augmentation temporaire de la douleur, de la chaleur ou de l’enflure peut survenir pendant 24 à 48 heures.

Consultez notre article sur les bienfaits de la marche pour l'arthrose.

Un professionnel de la santé, comme un physiothérapeute ou un ostéopathe, peut vous accompagner dans le choix des activités physiques adaptées, l’apprentissage d’exercices spécifiques et la gestion des symptômes afin de diminuer la charge mécanique sur les articulations.

Lorsque les approches conservatrices ne suffisent plus, une arthroplastie peut être envisagée. Une préparation adéquate en physiothérapie facilite alors la récupération postopératoire.

Sources à consulter :

À propos de l’auteur

Audrey Bernard
Physiothérapeute
Audrey est physiothérapeute diplômée de l'Université de Laval (Maîtrise) et membre de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec depuis 2019.
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