Arrêter de fumer : impacts sur le corps et la douleur

Arrêter de fumer : impacts sur le corps et la douleur

Arrêter de fumer est un défi important, mais ses bienfaits sur la santé sont nombreux. Au-delà des effets bien connus sur le cœur et les poumons, la cessation tabagique influence aussi la douleur, la guérison des blessures et le fonctionnement global du corps. Voyons comment l’arrêt du tabac agit à court et à long terme, et pourquoi il peut devenir un allié précieux dans votre parcours de santé.

Les effets secondaires de la cigarette

On le sait, la cigarette a des effets nocifs sur plusieurs systèmes du corps humain et contribue au développement ainsi qu’au maintien ou à la dégradation de nombreuses conditions de santé.

En plus d’augmenter les risques de cancer et de maladies cardiovasculaires et pulmonaires, le tabagisme favorise un état métabolique pro-inflammatoire. Les produits de combustion de la cigarette créent un stress oxydatif qui entretient l’inflammation. Cet état nuit à la guérison de conditions comme les tendinopathies, les bursites ou les fractures.

La diminution du transport de l’oxygène dans le sang entraîne aussi une moins bonne nutrition des tissus en réparation, ce qui ralentit la guérison. De plus, un état pro-inflammatoire est associé à une augmentation de l’intensité de la douleur ressentie.

Mais qu’en est-il de l’effet de l’arrêt tabagique sur le corps à court terme ? Quels sont les bienfaits possibles pour la douleur, la guérison et l’adaptation des tissus lors d’une blessure musculosquelettique ?

3 formes de dépendance à la nicotine

Cesser de fumer n’est pas une tâche simple. La cigarette crée une dépendance bien réelle, qui se manifeste sous trois formes principales.

La dépendance physique

La nicotine est l’élément actif du tabac responsable de la dépendance physique. Elle stimule le cerveau en provoquant la libération d’endorphines, associées à une sensation de bien-être. Avec le temps, le cerveau devient dépendant de la nicotine pour produire ces endorphines, ce qui pousse à fumer davantage pour retrouver cet effet.

Les endorphines sont aussi produites naturellement par l’activité physique. Cela explique pourquoi bouger peut réduire temporairement l’envie de fumer, sans toutefois suffire à lui seul à contrer les symptômes de dépendance.

La dépendance psychologique

Considérant les endorphines produites par le cerveau lors de la consommation de nicotine, le cerveau associe rapidement tabac et sensation de bien-être. Fumer peut donner l’impression de réduire l’anxiété, l'ennui ou le stress, mais en réalité, cela atténue surtout les symptômes de sevrage liés au manque de nicotine. Cette association renforce l’habitude et rend l’arrêt plus difficile (Association pulmonaire du Québec).

La dépendance sociale

Fumer est également associé à des moments de discussion ou de rencontres. En effet, il est facile de briser la glace en demandant à un inconnu « as-tu du feu? », et les rencontres fréquentes entre groupes de fumeurs dans les zones fumeurs tissent des liens, liens qui sont difficiles à entretenir par la suite lorsque l’on décide de cesser la cigarette, puisque l’exposition constante à cette dernière est un incitatif à recommencer. Aborder le sujet avec les personnes qui fument autour de vous peut faciliter la transition (Gouvernement du Canada).

Le tabac et la douleur

La recherche démontre un lien clair entre tabagisme et douleur. Le tabagisme est un facteur de risque pour plusieurs conditions douloureuses.

  • Il [le tabagisme] augmente les probabilités de souffrir de lombalgie (douleurs au bas du dos), en partie à cause de la dégénérescence des tissus liée à leur malnutrition.
  • Il peut également augmenter la prévalence des migraines.
  • Il aurait un effet analgésique à court terme en lien avec son mécanisme d’action au niveau cérébral, mais cet effet est largement insuffisant pour compenser les impacts négatifs du tabagisme.
  • Il sensibilise le système nerveux périphérique et le seuil nociceptifs des patients tabagiques (et de ceux exposées à la fumée secondaire) tendent à diminuer (vs non-fumeurs), ce qui augmente la réactivité à la douleur, et donc la douleur ressentie (en savoir plus sur la sensibilisation à la douleur).
  • Il est un facteur important de chronicisation de la douleur. Certaines zones au niveau cérébral démontreraient une augmentation de connectivité favorisant les comportements addictifs et la persistance de la douleur.

À long terme, l’activation répétée du système endocrinien liée au tabagisme réduit son efficacité. Ce système joue pourtant un rôle dans la modulation de la douleur, ce qui explique pourquoi les personnes fumeuses douloureuses consomment souvent plus d’analgésiques, dont les opioïdes, pour obtenir un soulagement comparable.

Les moyens d’arrêter de fumer

Il existe plusieurs stratégies pour soutenir la cessation tabagique, avec ou sans médication. Le sevrage de la nicotine peut entraîner des symptômes comme des étourdissements, des difficultés de concentration, de l’anxiété, des maux de tête ou des troubles du sommeil.

Les thérapies de remplacement de la nicotine à libération contrôlée peuvent réduire les symptômes de sevrage et augmenter significativement les chances de succès. Il existe aussi des traitements médicamenteux sans nicotine, disponibles sur prescription.

Un médecin ou un pharmacien peut vous aider à déterminer l’option la mieux adaptée à votre situation.

L’acupuncture, une alliée pour le sevrage

L’acupuncture est une approche complémentaire appréciée pour accompagner les personnes qui souhaitent arrêter de fumer. En stimulant des points précis, souvent au niveau des oreilles (via des protocoles spécifiquement développés pour les dépendances), elle agit directement sur le système nerveux.

  • Réduire les envies : l'acupuncture favorise la libération naturelle d'endorphines par le cerveau. Cela aide à remplacer la stimulation biochimique de la nicotine et procure une sensation de bien-être indispensable lors de l'arrêt.
  • Gérer les symptômes de sevrage : les traitements aident à calmer le système nerveux sympathique, ce qui permet de diminuer significativement l'anxiété, l'irritabilité, les maux de tête et l'insomnie des premières semaines.
  • Favoriser la désintoxication : en médecine traditionnelle chinoise, certains traitements sont utilisés pour soutenir le bon fonctionnement des poumons.

Sans remplacer la motivation personnelle, l’acupuncture peut rendre le sevrage physique et psychologique plus tolérable.

Les effets de la cessation tabagique

Cesser de fumer procure de nombreux bénéfices pour la santé, malgré les symptômes de sevrage initiaux. L’amélioration de la santé générale est durable et encore plus marquée lorsque l’arrêt survient plus tôt dans la vie. Dès les 20 premières minutes, arrêter de fumer a déjà des effets positifs sur votre corps (voir l'infographie ci-dessous).

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Source : Association pulmonaire du Québec

Les professionnels de la santé peuvent vous accompagner à chaque étape du processus et vous orienter vers des ressources adaptées. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions.

Ressources disponibles

Certains produits pharmaceutiques qui peuvent aider à cesser de fumer sont couverts par le régime public d'assurance médicaments. Pour en savoir plus, consultez la section sur les produits antitabac de la page : Connaître les conditions de couverture du régime, sur le site Web de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

À propos des auteurs

Audrey Bernard
Physiothérapeute
Audrey est physiothérapeute diplômée de l'Université de Laval (Maîtrise) et membre de l'Ordre professionnel de la physiothérapie du Québec depuis 2019.
Patrick Des Marais
Acupuncteur/trice
Patrick est acupuncteur diplômé du Collège de Rosemont et membre de l'Ordre des acupuncteurs du Québec depuis 2020. CHAMPS DE PRATIQUE Accidents du travail (CNESST) Accidents de la route (SAAQ) Troubles digestifs Troubles musculosquelettiques Troubles anxieux Insomnie Ménopause Allergies Traitement au laser FORMATIONS CONTINUES Covid longue Problèmes neurologiques Santé mentale Santé de la femme
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