La santé mentale au cœur de la performance sportive

La santé mentale au cœur de la performance sportive
En collaboration avec Tennis Québec

La santé mentale est au cœur du parcours des athlètes, peu importe leur niveau. Entre pression de performance, gestion du stress et blessures, les défis sont nombreux. Comprendre ces enjeux permet non seulement de préserver le bien-être, mais aussi de favoriser une pratique sportive durable et équilibrée.

La santé mentale dans le sport : un enjeu incontournable

La santé mentale joue un rôle essentiel dans la vie des personnes qui pratiquent un sport, peu importe leur âge ou leur niveau. Il est donc pertinent de se pencher sur cet enjeu afin d’agir en prévention auprès des athlètes, tout en veillant à ce que la pratique sportive demeure un facteur de protection plutôt qu’un facteur de risque.

Pour mieux comprendre les réalités vécues par les athlètes, il est utile de distinguer trois types de pratique.

  1. Le sport récréatif est principalement orienté vers le plaisir, la détente et la socialisation, sans pression de performance (Eime et al., 2013).
  2. Le sport compétitif s’inscrit dans un cadre plus structuré, avec des entraînements, des compétitions et des objectifs de progression (Fraser-Thomas, Côté & Deakin, 2005).
  3. Le sport d’élite exige un engagement très élevé, avec un encadrement professionnel et des compétitions de haut niveau (Reardon et al., 2019).

Bien que les athlètes soient souvent perçus comme ayant une grande capacité à faire face aux défis, ils vivent des réactions normales liées aux exigences de leur sport, comme le stress, la pression ou les inquiétudes de performance (Rice et al., 2016; Sagar & Stoeber, 2009). Ces réactions ne traduisent pas une faiblesse, mais plutôt une réponse à un environnement exigeant.

La santé mentale influence directement la performance et la persévérance. Les athlètes qui développent des stratégies pour gérer leur stress (p. ex. respiration profonde, pleine conscience), reconnaître leurs limites et s’appuyer sur un entourage soutenant tendent à progresser de manière plus constante et à maintenir leur engagement (Birrer, Röthlin & Morgan, 2012; Isoard-Gautheur et al., 2015). Prendre soin de sa santé mentale contribue ainsi autant au bien-être qu’au plaisir de pratiquer.

Les principaux défis psychologiques vécus par les athlètes

Au cours de leur parcours, les athlètes font face à différents défis psychologiques.

La pression de performance, qu’elle provienne de soi-même, des entraîneurs, des parents ou du milieu sportif, peut augmenter le stress ainsi que la peur de décevoir ou de faire des erreurs, peut augmenter le stress et la peur de décevoir (Sagar & Stoeber, 2009). Cette réalité est fréquente, particulièrement chez les jeunes dans des contextes compétitifs.

L’anxiété de performance est également courante. Elle peut se manifester par des inquiétudes persistantes, des tensions physiques ou des difficultés de concentration, et nuire autant au quotidien qu’à la performance sportive (Rice et al., 2016).

Les blessures constituent un autre défi important, tant sur le plan physique que psychologique. Elles peuvent entraîner une perte de repères, une diminution de la confiance en soi et des inquiétudes liées au retour à la compétition. Certaines personnes peuvent aussi se sentir isolées, perdre une partie de leur identité liée au sport ou vivre des émotions difficiles pendant la réadaptation (Wiese-Bjornstal et al., 1998).

L’épuisement sportif, ou burnout, peut apparaître lorsque les exigences dépassent les ressources de l’athlète. Il se caractérise par une fatigue importante, une perte de plaisir et une diminution du sentiment d’accomplissement, pouvant mener à un désengagement (Gustafsson et al., 2017; Isoard-Gautheur et al., 2015). Ce phénomène est souvent lié à un stress prolongé et à un déséquilibre entre les efforts demandés et les ressources disponibles. Par ailleurs, la peur du jugement encore présente autour de la santé mentale peut amener certains athlètes à hésiter à demander de l’aide, ce qui peut accentuer leurs difficultés.

Cas particulier du tennis et des sports individuels

Certains défis psychologiques peuvent être encore plus présents dans des sports individuels comme le tennis. Contrairement aux sports d’équipe, l’athlète est seul sur le terrain et porte entièrement la responsabilité de sa performance. Cela peut augmenter la pression, la peur de commettre des erreurs ainsi que les pensées négatives, surtout lors des moments plus difficiles. La littérature rapporte d’ailleurs que les athlètes pratiquant des sports individuels peuvent être plus vulnérables à l’anxiété de performance et à une pression personnelle plus élevée (Nixdorf et al., 2013; Rice et al., 2016).

Le fait d’être seul pendant les matchs peut aussi limiter le soutien immédiat et accentuer le sentiment d’isolement. De plus, les pauses entre les points peuvent laisser place aux pensées, qui deviennent parfois envahissantes (par exemple : « je ne suis pas bon », « je vais perdre »). Dans ce contexte, il devient particulièrement important d’apprendre à mieux gérer son stress, ses émotions et ses pensées.

Ces réalités font en sorte que les joueurs de tennis gagnent à développer des stratégies pour rester concentrés, gérer leurs émotions, relativiser leurs erreurs et leurs pensées intrusives, et maintenir leur confiance tout au long du match.

Le rôle de la psychoéducation dans le milieu sportif

La psychoéducation représente une approche pertinente pour soutenir les athlètes. Elle vise à renforcer leur capacité à faire face aux défis et à développer des habiletés essentielles au quotidien (OPPQ, 2025). En milieu sportif, elle permet de mieux comprendre le fonctionnement de l’athlète, en tenant compte de ses forces, de ses besoins et de son environnement.

Les psychoéducateurs peuvent notamment soutenir les athlètes dans le développement de stratégies concrètes, telles que la gestion du stress, la régulation émotionnelle, le renforcement de l’estime de soi, l’amélioration de la concentration et de l’attention, la résolution de problèmes ainsi que le développement de l’autonomie. Ces compétences contribuent à la fois au bien-être et à la performance (Birrer, Röthlin & Morgan, 2012).

Cette approche implique également l’entourage. Les parents et les entraîneurs jouent un rôle central dans la motivation et le développement des athlètes (Harwood & Knight, 2015; Stirling & Kerr, 2013). En les accompagnant, il est possible de créer un environnement plus cohérent, sécurisant et favorable à l’épanouissement.

La psychoéducation contribue aussi à la prévention, en aidant à reconnaître les signes de détresse et en favorisant un équilibre sain entre performance, plaisir et bien-être. Elle constitue ainsi un levier important pour soutenir les athlètes tout au long de leur parcours.

Favoriser un environnement sportif sain et équilibré

Un environnement sportif sain repose sur le plaisir, le sentiment de compétence et la qualité des relations. Selon la théorie de l’autodétermination, répondre aux besoins d’autonomie, de compétence et d’appartenance favorise une motivation durable et un bon équilibre psychologique (Deci & Ryan, 2000).

Un encadrement basé sur des attentes réalistes, une communication ouverte et un climat soutenant favorise la résilience et le maintien de l’engagement. Il contribue également au développement global des athlètes.

Il peut être pertinent de consulter un professionnel lorsque des signes de détresse apparaissent, comme une perte de plaisir, une anxiété envahissante ou des difficultés à s’adapter à des changements importants (p. ex. blessure, changement d’équipe, augmentation des exigences). Une intervention précoce permet de prévenir l’aggravation des difficultés et de soutenir une pratique sportive équilibrée et durable (Reardon et al., 2019).

Ainsi, la qualité de l’environnement et l’accès à un soutien adapté constituent des éléments clés pour favoriser le bien-être et la performance.

La santé mentale est un pilier essentiel du développement sportif durable. Grâce à une approche interdisciplinaire, les psychoéducateurs et professionnels de PhysioExtra accompagnent les athlètes à chaque étape de leur parcours.

À propos de l’auteur

Jessica Roy
Psychoéducateur/trice
Jessica est psychoéducatrice diplômée de l’Université de Montréal et membre de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec depuis 2022. CHAMPS DE PRATIQUE Approche cognitivo-comportementale Climat de travail, santé de travail Gestion du stress Santé mentale Enfants Intégration préscolaire et scolaire Interventions / accompagnement dans la gestion familiale Interventions pour soutenir les compétences parentales FORMATIONS CONTINUES Anxiété (sociale, performance, généralisée) Symptômes dépressifs Estime de soi Prévenir le suicide chez les personnes de 14 ans et plus
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