Le sport féminin en évolution
Depuis 2014, la Journée internationale du sport féminin vise à mettre en lumière les réalisations sportives féminines et les obstacles persistants. Des progrès notables ont été observés, notamment avec la création de la Ligue professionnelle de hockey féminin en 2024. Au Québec, la répartition des membres selon le sexe dans les fédérations sportives s’est améliorée en 2022-2023, bien que la parité ne soit pas encore atteinte (source).
Physiologie féminine et performance sportive
Menstruations et entraînement
Les études portant sur l’impact des menstruations sur la performance sportive montrent des résultats variables selon la méthodologie utilisée. Lorsque celle-ci est rigoureuse, on observe que la force et la puissance musculaires peuvent être réduites durant les phases prémenstruelle et menstruelle.
La phase folliculaire, marquée par une augmentation graduelle des œstrogènes, peut représenter un moment favorable pour mettre l’accent sur la force et la puissance musculaire. Toutefois, la laxité tendineuse peut être accrue près de l’ovulation, ce qui augmente le risque de blessures ligamentaires et tendineuses.
L’impact des symptômes liés au cycle menstruel varie grandement d’une femme à l’autre. Une approche individualisée demeure donc essentielle (source).
Risques de blessures chez les sportives
Les femmes sportives présentent un risque accru pour certaines blessures, notamment :
- les fractures de stress liées au surmenage,
- les blessures à l’épaule, comme les subluxations et luxations,
- les douleurs fémoro-patellaires au genou,
- les blessures du ligament croisé antérieur, particulièrement chez les adolescentes pratiquant des sports avec sauts et changements de direction,
- les entorses de cheville, plus fréquentes en raison d’une laxité ligamentaire accrue.
Les femmes sont également plus à risque de blessures de surutilisation, comme les tendinites et les bursites. À la ménopause, le risque de lésions musculosquelettiques augmente. Le taux de commotions cérébrales est aussi plus élevé, avec des symptômes souvent plus intenses et un retour au sport plus long (source).
Différences physiologiques entre femmes et hommes
Les hommes possèdent généralement davantage de fibres musculaires de type II, associées à la force et à la puissance, ainsi qu’une masse musculaire plus élevée. Les femmes, pour leur part, ont une plus grande proportion de fibres de type I, ce qui favorise l’endurance musculaire.
Les différences hormonales jouent également un rôle important. Les œstrogènes, plus élevés chez les femmes, influencent le métabolisme du glucose, la densité osseuse et la santé musculo-tendineuse. La testostérone, plus présente chez les hommes, contribue à la masse musculaire, à la densité minérale osseuse et au transport de l’oxygène.
La capacité aérobie maximale est de 10 à 20 pour cent plus élevée chez les hommes. Toutefois, les femmes présentent une meilleure récupération à court terme après des exercices dynamiques. La compréhension de ces différences permet de mieux interpréter les variations de performance entre les athlètes féminins et masculins (source).
« Avec le temps, je réalise que le sport est devenu pour moi un puissant levier d’émancipation pour les femmes. Il nous apprend à prendre notre place, à écouter notre corps et à faire confiance à notre force, physique comme mentale. Et quand une femme se sent forte dans son corps, elle se sent naturellement plus légitime partout ailleurs. » - Emmanuelle-Salambo Deguara, athlète d'endurance et co-fondatrice du 6AM Club

Maternité et pratique sportive
Chez les femmes ayant une grossesse d’évolution normale, l’activité physique n’a pas d’effet négatif et est même recommandée. L’objectif est d’atteindre 150 minutes d’activité physique par semaine, réparties sur au moins trois jours (source).
L’exercice régulier pendant la grossesse contribue à réduire plusieurs risques, dont le diabète gestationnel, l’hypertension, la prééclampsie, la dépression pendant la grossesse et la naissance d’un bébé de poids élevé.
Certaines précautions demeurent importantes, comme éviter de débuter un nouveau sport intense, pratiquer une activité en contexte de grande chaleur, ou réaliser des mouvements provoquant des impacts au niveau du ventre. Il est également recommandé de cesser l’activité si des symptômes apparaissent.
La physiothérapie avec expertise en rééducation périnéale et pelvienne peut accompagner les femmes avant et après l’accouchement, ainsi que pour adapter l’entraînement selon le stade de la grossesse. Consultez aussi notre article : Retour au sport après l’accouchement : quand ? comment ?
En cas de grossesse à risque, il est essentiel de consulter un médecin avant d’entreprendre un programme d’exercices.
Les recommandations spécifiques pour les sportives d’élite et professionnelles demeurent limitées. Plusieurs obstacles persistent, notamment les inquiétudes liées aux changements corporels, à la diminution de l’entraînement, aux sources de revenus et à la conciliation sport-famille. Une enquête française de 2021 révèle que 14 pour cent des répondantes ont pris leur retraite sportive durant leur grossesse ou à la naissance de leur enfant.
Pour les athlètes souhaitant reprendre le sport de haut niveau après un accouchement, un encadrement spécifique est nécessaire, avec un délai pouvant atteindre environ un an (source).
Enjeux liés à la recherche scientifique
Malgré l’évolution des mentalités, la recherche demeure un enjeu majeur dans le sport féminin. Une méta-analyse publiée en 2021, portant sur 5 261 études, indique que seulement 6 pour cent d’entre elles concernaient exclusivement des femmes. Les hommes représentaient 66 pour cent des participants.
Ce déséquilibre entraîne un manque de données précises pour adapter l’entraînement, la prévention des blessures et le suivi médical aux réalités des sportives (source).
Une lueur d’espoir pour l’avenir
Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont marqué un tournant historique avec une parité parfaite entre athlètes féminins et masculins. Les Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina ont également franchi un cap, avec 47 pour cent des places de qualification attribuées à des femmes.
L’intérêt du public pour le sport féminin est en croissance. En hockey féminin, un record d’assistance a été établi lors du match inaugural de l’équipe La Victoire en avril 2024, réunissant plus de 21 000 spectateurs. Cette ligue est considérée comme un tournant majeur pour le sport féminin.
Ces avancées offrent un message porteur d’espoir pour les filles et les femmes, qu’elles soient sportives amateures ou professionnelles.
Vous pratiquez un sport ou souhaitez le reprendre de façon sécuritaire ? Les professionnels de PhysioExtra sont là pour vous accompagner à chaque étape de votre parcours sportif.
Sources:
- St-Pierre, L. (2025). La place des filles et des femmes en sport au Québec: mise à jour 2025. Laboratoire pour la progression des femmes+ dans les sports au Québec. 25 p.
- Physiologie du sport au féminin, égale action et INS Québec (2024).
- Quelles sont les différences physiologiques sur les performances sportives entre les femmes et les hommes ?, Athlétisme Québec (2024).
- Activité physique et grossesse, CHU Sainte-Justine (2025).

