La psychoéducation : une profession encore méconnue

La psychoéducation : une profession encore méconnue

La psychoéducation est une profession essentielle, mais encore largement méconnue du grand public. Pourtant, les psychoéducateurs jouent un rôle clé dans l’accompagnement des personnes vivant des difficultés d’adaptation, de comportement ou de santé mentale. Cet article vise à mieux faire connaître leur expertise ainsi que les situations où leur intervention peut faire une réelle différence.

La psychoéducation : et si le comportement avait quelque chose à nous dire?

« Pourquoi est-ce que je réagis toujours comme ça? »

Que ce soit une colère qui déborde, une anxiété qui paralyse, une difficulté à poser ses limites, une tendance à éviter certaines situations ou un enfant qui fait des crises à répétition, nous avons souvent tendance à vouloir faire disparaître le comportement qui nous dérange.

En psychoéducation, nous choisissons de commencer ailleurs.

Plutôt que de nous demander « Comment faire cesser ce comportement? », nous nous demandons d'abord : « Que cherche-t-il à accomplir? »

Car un comportement n'apparaît jamais par hasard. Même lorsqu'il nous fait souffrir ou qu'il complique notre quotidien, il répond généralement à un besoin ou bien il remplit une fonction importante.

Comprendre avant de vouloir changer

En psychoéducation, nous cherchons à comprendre la fonction du comportement. Autrement dit, le « pourquoi » qui se cache derrière ce que l'on voit.

  • Par exemple, une personne qui évite les situations sociales n'est pas simplement « timide ». Peut-être cherche-t-elle à se protéger d'une anxiété envahissante.
  • Un parent qui s'emporte facilement n'est pas nécessairement « impatient » : il est peut-être épuisé ou dépassé par les exigences de son quotidien.
  • Un adolescent qui refuse d'aller à l'école tente parfois, sans le savoir, d'éviter une détresse qui lui semble insurmontable.

Lorsqu'on comprend ce que le comportement tente de protéger, d'obtenir ou d'éviter, le regard change : on peut passer du jugement à la compréhension, de la culpabilité à la recherche de solutions.

En pratique : Thomas

Thomas, 6 ans, fait de grosses crises chaque matin avant de partir à l’école. Ses parents ont l’impression qu’il cherche à les provoquer.

En prenant le temps d’observer la situation, on découvre plutôt que chaque moment de transition est très difficile à vivre pour lui et que l’école génère beaucoup d’anxiété.

La question n’est plus : « Comment faire cesser les crises? », mais plutôt : « De quoi Thomas a-t-il besoin pour traverser ce moment avec plus de sécurité? »

Ce changement de perspective ouvre la porte à des stratégies plus adaptées.

Répondre aux besoins autrement

Lorsqu’on comprend mieux le besoin sous-jacent que masque le comportement, il devient possible d’explorer d’autres façons d’y répondre.

En psychoéducation, cela passe souvent par une question toute simple :

« De quoi cette personne a-t-elle réellement besoin en ce moment? »

  • De sécurité?
  • De repos?
  • De connexion avec les autres?
  • D’autonomie?
  • De reconnaissance?
  • De retrouver un sentiment de contrôle?

Lorsqu’un besoin est identifié, il devient possible de développer progressivement des stratégies plus adaptées que celles qui, jusqu’à maintenant, procuraient un soulagement temporaire, mais entretenaient parfois la difficulté.

L’objectif n’est donc pas de supprimer un comportement à tout prix, mais d’offrir à la personne davantage de choix et de liberté dans sa façon de réagir.

En pratique : Julie

Julie évite de plus en plus les sorties avec ses amis. Au départ, elle croyait manquer de motivation.

En explorant davantage sa situation, elle réalise que chaque invitation réveille en elle la peur d’être jugée et que se retrouver dans des environnements trop bruyants lui demande beaucoup d’effort.

Ensemble, nous cherchons non seulement à comprendre ce que cet évitement lui apporte, soit un soulagement immédiat, mais aussi à développer graduellement des habiletés pour maintenir certaines sorties avec les personnes qui comptent pour elle.

Se rapprocher de ce qui est important pour nous

En psychoéducation, on peut également se recentrer sur une autre question :

« Qu’est-ce qui compte vraiment pour vous? »

Nos valeurs représentent ce qui est important à nos yeux : être un parent bienveillant, prendre soin de sa santé, cultiver des relations significatives, développer son autonomie ou vivre une vie cohérente avec ce qui nous anime.

Face à une difficulté, certains comportements nous éloignent parfois de cette direction, même s’ils procurent un soulagement à court terme.

En prenant conscience de nos valeurs, il devient plus facile de poser de petits gestes qui nous rapprochent progressivement de ce qui est important à nos yeux.

Des objectifs concrets, un pas à la fois

Chaque démarche est différente.

En psychoéducation, nous identifions des objectifs concrets, réalistes et adaptés à notre réalité. Plutôt que de viser un changement flou comme « aller mieux » ou « être moins stressé », nous définissons des objectifs observables qui permettent de constater les progrès au fil du temps.

L’idée n’est pas d’atteindre la perfection, mais de développer progressivement de nouvelles capacités d’adaptation.

Face aux défis, l’objectif n’est pas d’éliminer les difficultés, mais d’augmenter notre capacité à y faire face avec plus de confiance, de souplesse et de bienveillance envers nous-mêmes.

Une approche qui se vit aussi dans le quotidien

Une particularité de la psychoéducation se trouve dans le vécu partagé.

Cela signifie que le travail ne se limite pas aux rencontres dans le bureau. En fonction de l’objectif travaillé, la psychoéducatrice peut intervenir directement dans le milieu de vie de la personne afin d’accompagner les apprentissages au moment où ils prennent tout leur sens.

Par exemple, elle peut soutenir un parent lors d’une crise de son enfant à domicile, observer les interactions familiales et proposer des pistes d’intervention directement dans l’action.

Elle peut également accompagner une personne qui souhaite reprendre confiance à l’extérieur de chez elle en pratiquant, ensemble, des stratégies pour tolérer son anxiété dans des situations réelles.

Cette façon d’intervenir permet de transformer les difficultés en occasions d’apprentissage.

En pratique : Alice et Léo

Lors d’une rencontre à domicile, Alice et Léo se sentent complètement démunis face à Nolan, leur enfant de 4 ans, qui s’est mis à crier et à lancer ses ustensiles en réponse à un refus de ses parents.

Plutôt que de parler de la situation après coup, la psychoéducatrice présente à domicile ce soir-là pour le suivi peut soutenir les parents en intervenant directement auprès de Nolan.

Les stratégies observées peuvent ensuite servir de point de départ pour un échange ultérieur.

La psychoéducation, c’est développer sa capacité d’adaptation

Finalement, un suivi en psychoéducation peut permettre de mieux comprendre son fonctionnement, de reconnaître ses forces et de développer de nouvelles stratégies pour retrouver un plus grand pouvoir d’agir face aux difficultés qui vous préoccupent.

Avant de vouloir changer un comportement, il est souvent essentiel de bien comprendre ce qu’il masque. À partir de là, des changements plus durables deviennent possibles.

Nous cherchons alors à développer notre capacité à mieux nous adapter face aux défis, en restant fidèles à ce qui est important pour nous.

Découvrez nos services de psychoéducation

Bien que la psychoéducation soit encore peu connue, son apport est considérable pour aider les individus et les familles à mieux comprendre leurs difficultés et à développer des stratégies adaptées à leur réalité.

Que ce soit pour des enjeux comportementaux, relationnels, émotionnels ou d’adaptation, l’accompagnement d’un psychoéducateur peut favoriser un mieux-être durable.

Si vous vous questionnez sur la pertinence d’un suivi ou souhaitez obtenir un soutien adapté à votre situation, l’équipe de psychoéducation de PhysioExtra est là pour vous accompagner.

Découvrez nos services et prenez rendez-vous pour échanger avec un professionnel.

À propos de l’auteur

Hélièna Guillet
Psychoéducateur/trice
Hélièna est psychoéducatrice diplômée de l’Université de Montréal et membre de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec. CHAMPS DE PRATIQUE Approche cognitivo-comportementale Climat de travail, santé au travail Gestion de douleur chronique Gestion du stress Gestion du stress post-traumatique Santé mentale FORMATIONS CONTINUES L'état de stress post-traumatique Douleur chronique et gestion de l'incapacité Le traumatisme craniocérébral léger
Enjeux de santé mentale