Nous ne discuterons pas ici des différents types ou marques de poussettes, sièges d’auto ou lits pour bébés, puisque ces choix varient selon le mode de vie de chaque famille. Nous nous concentrons plutôt sur les accessoires qui peuvent favoriser (ou nuire) à un développement moteur harmonieux. Pour les jouets recommandés, consultez notre article sur le sujet.
Tapis de jeu ou tapis d’éveil : recommandé

Le tapis de jeu est un accessoire très utile dès le premier mois. Il favorise l’éveil du bébé, l’exploration de son environnement ainsi que l’acceptation des positions sur le dos et sur le ventre.
Développement moteur : Il permet de placer l’enfant au sol dans un environnement sécuritaire. Le bébé peut ainsi travailler contre la gravité, renforcer ses muscles et développer sa motricité en bougeant librement. Il aide aussi les parents à déposer l’enfant au sol tout en gardant les mains libres.
Sécurité : Le tapis est généralement très sécuritaire, à condition qu’il soit toujours installé au sol et que l’enfant soit surveillé.

Attention ! Les tapis avec piano ou muret au niveau des pieds sont déconseillés, puisqu’ils favorisent une extension excessive et limitent le travail abdominal.
SAVIEZ
VOUS?Être au sol est le meilleur endroit pour favoriser un bon développement moteur chez le bébé.
Tapis de type casse-tête : recommandé

Économique, facile à nettoyer et simple à déplacer, ce tapis convient dès les premiers mois et jusqu’à ce que l’enfant se déplace seul.
Jusqu’à environ 4 mois, une couverture peut être ajoutée. Par la suite, elle est à éviter, car elle peut nuire aux mouvements, surtout en position ventrale.
Les bienfaits pour le développement moteur et la sécurité sont les mêmes que pour le tapis d’éveil.
Siège sauteur ou balançoire : non essentiel

Ces accessoires peuvent être pratiques à petites doses pour calmer bébé ou permettre aux parents d’avoir les mains libres. Toutefois, l’enfant ne devrait pas y être installé plus de 15 à 30 minutes à la fois. Le sol demeure l’endroit à privilégier.
Développement moteur : Les mouvements sont passifs et très limités. Ces accessoires ne favorisent pas le développement moteur et ne sont pas recommandés d’un point de vue physiothérapique.
Attention ! Chez les bébés présentant une plagiocéphalie ou une brachycéphalie, leur utilisation devrait être minimale, puisque l’arrière de la tête repose directement sur la surface.
Sécurité : Bien que souvent recommandés jusqu’à 11 mois par les fabricants, leur utilisation est plutôt limitée à 5-6 mois en physiothérapie, moment où l’enfant souhaite explorer davantage et où le risque de chute augmente. Une surveillance constante est essentielle.
Coussin ventral : à éviter, sauf exceptions

Un bébé qui tolère bien la position ventrale n’a pas besoin de coussin. Toutefois, il peut être utile chez certains bébés qui ont de la difficulté à rester sur le ventre.
Le coussin permet de placer l’enfant légèrement en angle afin de diminuer l’effet de la gravité et d’augmenter sa tolérance à la position ventrale.
Attention ! Il faut faire attention au type de coussin acheté, car ils ne sont pas tous équivalents.
Meilleures options : coussin bas ou triangulaire

Un coussin triangulaire ou un coussin bas permet un bon appui des coudes au sol, condition essentielle au renforcement du tronc et des épaules.

Les coussins trop hauts sont à éviter, car ils favorisent une extension excessive du dos et limitent le travail moteur.
Si votre bébé tolère difficilement le ventre (moins de 5 minutes à la fois), peu importe son âge, une consultation en physiothérapie pédiatrique est recommandée.
Coussin de positionnement latéral : recommandé dans certains cas seulement

Ce coussin est réservé aux bébés présentant une plagiocéphalie ou une brachycéphalie et doit être utilisé seulement après une évaluation en physiothérapie.
Développement moteur : Il sert uniquement à diminuer l’appui sur certaines zones de la tête et ne favorise pas le développement moteur.
Sécurité : Ce coussin ne doit jamais être utilisé sans surveillance ni durant le sommeil nocturne.
Siège de type Bumbo : non essentiel

Selon les fabricants, ce siège est recommandé entre 3 et 12 mois. En physiothérapie, son utilisation est plutôt limitée entre 3 et 6 mois, soit du moment où le bébé contrôle bien sa tête jusqu’à ce qu’il souhaite explorer davantage son environnement.
Pourquoi limiter l’utilisation? Vers 6 mois, l’enfant devient plus mobile et le risque de chute augmente s’il s’étire pour attraper un objet. À cet âge, il développe aussi la position assise de façon autonome et n’a plus besoin de support externe.
Développement moteur : Le siège permet de découvrir la position assise et donne un répit aux parents. Il peut être utile à petites doses, notamment en cas de plagiocéphalie, puisque la tête n’est pas appuyée. Toutefois, il ne remplace jamais le jeu au sol et ne favorise pas l’apprentissage actif de la position assise.
Sécurité : Le siège doit toujours être placé au sol, sur une surface plane, avec surveillance constante. Il ne doit jamais être utilisé sur une table, un lit, un sofa, dans le bain ou comme siège d’auto. La sangle doit être utilisée en tout temps.
Siège sit me up : non essentiel

Ce type de siège ne favorise pas un développement moteur optimal. Pendant que l’enfant y est installé, il ne peut pas bouger librement ni travailler contre la gravité comme lorsqu’il est au sol.
Il peut toutefois être utilisé pour de courtes périodes lorsque le bébé est fatigué ou que l’adulte a les mains occupées, à condition que le bébé passe la majorité de sa journée au sol.
Développement moteur : Tout est facilité dans ce siège. L’enfant fait peu d’efforts pour maintenir la position, ce qui limite le renforcement musculaire, même s’il peut lever les bras contre la gravité.
Sécurité : Comme pour les autres sièges, il doit être utilisé uniquement au sol, sur une surface stable et sous surveillance constante.
Matelas de type snuggle me ou sleeptight : à éviter

Ces matelas sont de plus en plus populaires, notamment sur les réseaux sociaux. Pourtant, les fabricants indiquent clairement qu’ils ne sont pas conçus pour le sommeil, même si leur nom peut porter à confusion.
Développement moteur : Bien qu’ils permettent de placer le bébé au sol, ces matelas sont plus petits et plus mous qu’un tapis d’éveil. Les mouvements sont donc plus limités et l’exploration de l’environnement est réduite.
Sécurité : Ces matelas ne doivent jamais être utilisés pour les siestes ou le sommeil nocturne. Ils ne respectent pas les normes de sécurité. Selon Santé Canada, l’endroit le plus sécuritaire pour dormir demeure un lit, un berceau ou un moïse conforme aux normes canadiennes. Voir les recommandations de Santé Canada.
Coussin cœur pour tête plate : à éviter

Ce coussin est souvent vendu pour prévenir la tête plate. Toutefois, il maintient la tête du bébé en position centrale, ce qui va à l’encontre du développement moteur normal, qui repose sur la rotation libre de la tête.
Sans coussin, le bébé tournera plus facilement la tête, ce qui aide naturellement à diminuer la pression sur l’arrière du crâne.
Chez un bébé ayant déjà une brachycéphalie ou une plagiocéphalie, ce coussin est insuffisant et peut même aggraver l’aplatissement en maintenant la tête trop longtemps au centre.
En cas de tête plate, une consultation en physiothérapie pédiatrique est recommandée afin d’obtenir des conseils de positionnement adaptés et d’évaluer la présence d’un torticolis congénital.
Coussin de protection pour la tête : à éviter

Ce coussin est souvent proposé pour protéger la tête du bébé lors de l’apprentissage de la position assise. Pourtant, il est généralement inutile.
Avant 8 à 9 mois, un environnement sécuritaire (tapis d’éveil ou tapis mousse) est suffisant pour protéger le bébé en cas de chute. Avec le temps, l’enfant apprend naturellement à se protéger avec ses mains.
L’utilisation prolongée de ce coussin peut même nuire à l’apprentissage, en incitant le bébé à se laisser tomber vers l’arrière plutôt que de développer des réactions protectrices.
Si un bébé de 8-9 mois chute encore fréquemment en position assise, une évaluation en physiothérapie pédiatrique est recommandée.
Soucoupe : à éviter

La soucoupe devrait être utilisée le moins possible, idéalement jamais. Si elle est utilisée, ce devrait être pour de très courtes périodes (5 à 10 minutes), une à deux fois par jour maximum, chez un bébé d’au moins 6 mois.
Pourquoi? Cette position favorise la poussée sur la pointe des pieds et l’extension excessive du tronc, ce qui peut nuire au développement moteur et retarder l’apprentissage de la marche.
Elle ne permet pas un travail musculaire adéquat et limite l’exploration. Plus tard, l’enfant préférera se déplacer à quatre pattes plutôt que d’être restreint dans cet appareil.
Cet accessoire est à éviter complètement chez les enfants présentant une paralysie cérébrale, une augmentation du tonus en extension ou une tendance à se tenir sur la pointe des pieds.
Jolly Jumper : à éviter

Le Jolly Jumper soutient entièrement le tronc du bébé, ce qui limite le travail musculaire et le développement de la force du tronc.
Il favorise aussi la poussée sur la pointe des pieds et ne correspond à aucune étape normale du développement moteur liée à l’apprentissage de la marche.
Même chez un bébé sans difficulté particulière, cet accessoire n’apporte aucun bénéfice moteur. Le jeu au sol demeure toujours à privilégier.
Marchette pour bébé : interdite au Canada depuis 2004

Les marchettes pour bébé sont interdites au Canada depuis le 7 avril 2004. Santé Canada précise que leur importation, vente et publicité sont illégales. Si vous possédez une marchette, elle doit être détruite et jetée afin qu’elle ne puisse plus être utilisée.
Si vous avez des questions sur le développement moteur de votre bébé ou sur l’utilisation de certains accessoires, une évaluation en physiothérapie pédiatrique peut faire toute la différence. Prenez rendez-vous dans une clinique PhysioExtra pour obtenir des conseils personnalisés et adaptés à votre enfant.

