Pourquoi l’entorse à la cheville est-elle fréquente au tennis ?
Les types de mouvements
L’entorse à la cheville est l’une des blessures les plus fréquentes chez les joueurs de tennis de tous les niveaux. La nature rapide et multidirectionnelle de ce sport, qui comprend des sauts, des glissades et des changements de direction brusques et puissants, exerce un stress important sur l’articulation de la cheville et la rend particulièrement vulnérable.
Le type de terrain
Bien que les études ne démontrent pas de corrélation directe entre le type de surface et le risque d’entorse à la cheville, chaque terrain présente ses propres particularités.
- Les terrains durs offrent généralement peu d’amorti, ce qui transmet davantage les impacts aux articulations et peut entraîner une fatigue des muscles stabilisateurs de la cheville. Ils présentent également une forte adhérence. Si le pied demeure fixé au sol pendant que le reste du corps effectue une rotation, une entorse peut survenir.
- À l’inverse, les terrains de gazon et de terre battue sont souvent plus instables, glissants et imprévisibles. Le joueur peut alors avoir un contrôle proprioceptif et neuromusculaire moins efficace.
Facteurs pouvant augmenter le risque d’entorse
- La fatigue, particulièrement en fin de match, peut entraîner une perte de vigilance et augmenter le risque de blessure,
- Un antécédent d’entorse à la cheville ou une blessure antérieure au membre inférieur augmente le risque de récidive,
- Le port de chaussures inadaptées au terrain ou au sport peut également avoir un impact négatif.
Reconnaître les signes d’une entorse à la cheville
Foulure ou entorse? Ces deux termes désignent la même blessure. Il s’agit d’une lésion des ligaments latéraux ou médiaux de la cheville causée, dans la majorité des cas, par un traumatisme.
Les signes et symptômes les plus courants comprennent :
- Une douleur à la cheville ou au pied
- Une difficulté à marcher ou à mettre du poids sur le membre atteint
- Une inflammation autour de la malléole
- Une décoloration de la région blessée
- Une sensation d’instabilité de l’articulation
Les différents grades d’entorse
- Grade 1 (légère) : il s’agit d’une élongation des ligaments. Les symptômes et les limitations sont généralement moins importants.
- Grade 2 (modérée) : il s’agit d’une déchirure partielle des ligaments. Une inflammation et une décoloration autour de la malléole et du pied peuvent être observées.
- Grade 3 (sévère) : il s’agit d’une déchirure complète des ligaments. Cette blessure présente souvent des signes similaires à une entorse de grade 2.
Le rôle clé de la thérapie du sport dans le traitement
Dès le moment de la blessure, le thérapeute du sport peut effectuer une évaluation fonctionnelle spécifique afin d’analyser l’amplitude articulaire, la force musculaire et la capacité de l’athlète à réaliser les mouvements propres au tennis.
Cette évaluation permet d’établir rapidement un plan d’action adapté à la situation, qu’il s’agisse d’un retour au jeu, de l’utilisation de tapings ou encore d’un retrait temporaire de la pratique sportive.
Par la suite, une réévaluation en clinique permet d’élaborer un programme de réadaptation personnalisé selon les besoins de l’athlète.
La réadaptation met généralement l’accent sur :
- Le travail de mobilité afin de récupérer toute l’amplitude de mouvement de la cheville
- Le renforcement des muscles stabilisateurs pour compenser les ligaments atteints
- L’amélioration du contrôle neuromusculaire et de la proprioception
Ultimement, le thérapeute vise à corriger les déficits présents afin de limiter le risque d’instabilité chronique et de prévenir les récidives.
Prévenir les récidives et optimiser le retour au jeu
Lors du retour à l’entraînement ou à la compétition, le port d’une chevillière ou l’utilisation de tapings peut offrir un soutien supplémentaire. Toutefois, ces outils ne devraient pas devenir une solution permanente.
Avant de reprendre pleinement le tennis, l’athlète doit retrouver :
- Une amplitude complète de la cheville
- Une force comparable à celle du côté non blessé
- Une stabilité adéquate
- Une bonne proprioception
- La capacité d’exécuter sans douleur, ou avec très peu de douleur, les mouvements et tests spécifiques au sport
Pour favoriser un retour au jeu rapide et sécuritaire, une collaboration entre le thérapeute du sport et l’entraîneur est souvent mise en place afin d’ajuster la charge et le volume d’entraînement.

Conseils pratiques pour les joueurs amateurs et compétitifs
Un échauffement actif et spécifique au tennis est essentiel avant chaque séance ou match. Une préparation comprenant des exercices de mobilité, de renforcement musculaire, de course et de plyométrie adaptés aux exigences du sport constitue une approche efficace. Les étirements statiques sont à éviter avant le jeu.
Il est également recommandé de maintenir une progression raisonnable du volume d’entraînement et d’éviter les augmentations brusques de charge. Prévoir suffisamment de temps de récupération entre les séances demeure tout aussi important.
Enfin, soyez attentif aux signaux de votre corps. Si une douleur ou une limitation apparaît après un match ou un entraînement, consulter rapidement un professionnel de la santé permet souvent d’éviter une réadaptation plus longue.
Vous souffrez d’une entorse à la cheville ou souhaitez prévenir une récidive? L’équipe de PhysioExtra peut vous accompagner avec une évaluation complète et un plan de réadaptation adapté à vos objectifs afin de favoriser un retour au jeu sécuritaire.
Sources
- Dines, Joshua & Bedi, Asheesh & Williams, Phillip & Dodson, Christopher & Ellenbecker, Todd & Altchek, David & Windler, Gary & Dines, David. (2015). Tennis Injuries: Epidemiology, Pathophysiology, and Treatment. The Journal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons. 23. 10.5435/JAAOS-D-13-00148.
- Kaiser P, Stock K, Benedikt S, et al. Acute Tennis Injuries in the Recreational Tennis Player. Orthopaedic Journal of Sports Medicine. 2021;9(1). doi:10.1177/2325967120973672

